
Il est de retour... Et il a encore frappé très fort... Moi, il commence à m'énerver.
C'est vrai quoi, il en a encore combien des concerts de ce tonneau là dans son grenier le père Neil Young?
Après un Live at Massey Hall définitif et monumental (l'équivalent de la table des commandements du folk, pas moins...), voici le nouveau numéro de la série "Archive", Sugar Mountain, Live at Canterbury House 1968.
Vous avez bien lu, c'est un concert de 1968 que nous livre le canadien, c'est-à-dire avant même la sortie de son premier album éponyme, avant sa collaboration avec Crosby et consort, avant Crazy Horse, avant tout! Enfin presque..., puisque Neil Young venait de passer deux ans avec Stephen Stills au sein du Buffalo Springfield.
Deux ans de carrière assez mouvementée, le groupe a un potentiel énorme, mais n'a jamais réussi à enregistrer l'album qui aurait concilier l'ego surdimensionné des trois (!...) leaders (Stills, Young et Richie Furay). Forcément, assez vite, chacun est parti vivre ses aventures de son côté...
C'est dire si la bande a son importance pour notre compréhension du grand oeuvre Neil Youngesque, c'est une sorte de Pierre de Rosette pour tous les amateurs du canadien.
Le répertoire est constitué pour moitié de chansons du Springfield (que Neil Young ne jouera plus vraiment en concert assez vite, à quelques exceptions près, comme On the Way Home ou Mr Soul) et pour le reste de chansons qui finiront sur le premier album du Loner.
On découvre donc un Neil Young... Pop! Mais attention, sur le derrière du disque, c'est écrit que le concert a été enregistré en stéréo, c'est même précisé "Left Track - Voice Right track - Guitar".
Neil Young est pop, mais sait rester simple...
Toutes les chansons du Buffalo Springfield apparaissent ici dépouillées des oripeaux un peu guimauve qui les dissimulaient sur les albums du groupe.
Expecting to Fly est tout simplement une des plus belles chansons de tous les temps.
Quel plaisir de redécouvrir les mélodies fabuleuses de Out of my Mind ou Nowadays Clancy can't even Sing...
Et pour ce qui concerne le répertoire post Springfieldien, on est pas en reste. The Loner, I've been waiting for you, le fabuleux The Last Trip to Tulsa, dont le texte vous saute ici au visage, le délicieux If I could have her Tonight... Presque tout le premier album défile dans nos oreilles ébahies. Et puis, double cerise sur le gâteau, le très fameux "inédit en album" Sugar Mountain et Birds, qui était déjà une chanson magnifique avant de finir sur l'album After the Gold Rush.
Voilà pour les chansons, s'il n'y avait eu que ça, ça aurait déjà été un événement. Mais le vrai bonus de ce concert, c'est que Neil Young... parle! Il parle avant chaque chanson, à n'en plus finir...
Et vas-y que je me suis fait virer d'un boulot dans une librairie parce que j'étais "ailleurs" pendant deux jours, et vas-y qu'avant de faire de la guitare en bois je jouais du blues dans un groupe électrique (démonstration ironique à l'appui), et vas-y qu'on me pose souvent la question, "qu'est ce que ça vous apporte d'écrire des chansons", ...
C'est un tout autre Neil Young qu'on découvre, juvénile et enjoué (à la limite du sale gamin rigolard parfois), pas encore sorti des années soixante, et pas encore le type apaisé mais un peu brisé de Harvest ou Tonight the Night.
01 (Emcee Intro)
Neil Young - On The Way Home 03 Songwriting Rap
04 Mr. Soul
05 Recording Rap
06 Expecting To Fly
07 The Last Trip To Tulsa
08 Bookstore Rap
09 The Loner
10 "I Used To..." Rap
11 Birds
12 Winterlong [Excerpt] & Out Of My Mind - Intro
13 Out Of My Mind
14 If I Could Have Her Tonight
15 Classical Gas Rap
16 Sugar Mountain Intro
17 Sugar Mountain
18 I've Been Waiting For You
19 Songs Rap
20 Nowadays Clancy Can't Even Sing
21 Tuning Rap & The Old Laughing Lady Intro
22 The Old Laughing Lady
23 Broken Arrow
Neil Young|Sugar Mountain, live at Canterbury House|1968|vbr|
78 Mo